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dimanche 7 juin 2015

Trilogie de la Sélection de Kiera Cass


Quatrième de couverture

Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne...

Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d'Illeá, la « Sélection » s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le coeur du jeune Prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas ; et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles...

Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés : l'existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu'elle n'aurait jamais osé imaginer?

(Hum... Désolée pour le bug d'affichage de la Quatrième de couverture, je ne sais pas trop pourquoi elle apparaît comme ça.)

Pourquoi ce livre?


A l'occasion de la sorte du 1er tome de la nouvelle série de Kiera Cass, l'Héritière, j'ai voulu me replonger dans l'univers de la Sélection. J'avais lu le premier tome à sa sortie en France, je l'avais aimé sans plus et à la sortie du second, mon intérêt pour la suite s'était complètement évanoui. Je suis pour les secondes chances! 

Ce que j'en ai pensé


"Brise-moi le coeur. Brise le cent fois si ça te chante. De toute façon il a toujours été à toi."

      Bizarrement, car c'est souvent l'inverse pour moi, j'ai été nettement plus emballée à ma deuxième lecture et j'ai dévoré les trois tomes de la trilogie quasiment d'une traite, bien que j'ai trouvé le tome 2 un petit peu en-dessous car plus centré sur le triangle amoureux. Cela dit, peut-être que je les ai lus trop vite car je ne suis pas sûre qu'ils me laisseront un souvenir impérissable mais je les ai adorés sur le moment. Tout d'abord j'avais le souvenir de l'héroïne America comme étant une jeune fille capricieuse et imbue d'elle-même, qui ne cessait de mettre en avant sa beauté ravageuse. J'ai cherché mais, non je ne sais pas d'où je tenais cette image! J'ai vraiment eu l'impression de redécouvrir son personnage: une jeune fille forte et courageuse, qui n'a pas peur d'assumer sas opinions quitte à se retrouver dans des situations inconfortables (il faut admettre qu'elle en fait parfois un peu trop, ces attaques frontales envers le roi sont quand même peu crédibles, il reste le roi!). Il y a néanmoins un bémol, et un bémol de taille! A mes yeux, c'est une vraie girouette! Déjà dans ses choix amoureux mais ça c'est presque une constante dans les romans young adult, mais j'ai eu du mal à suivre ses débats internes sur ses motivations dans la compétition: "Je veux gagner... Je ne veux pas gagner... Je veux gagner..." TAIS TOI et choisis, bon sang! 

   En revanche, les personnages masculins m'ont nettement moins convaincue: Aspen est trop lisse à mon goût et finalement on ne le connait pas vraiment, et Maxon.... Ah Maxon... Il aurait pu être tellement plus, je ne savais pas trop sur quel pied danser avec lui: un coup il déclare un amour éternel à America puis il l'ignore royalement!
J'aurais aimé plus de développement du personnage de Marlee, l'amie la plus proche d'America au sein de la sélection, et je ne serais pas contre un spin-off relatant son histoire à elle. Le personnage de Céleste, la garce de la sélection, m'a également intriguée et, comme bien souvent avec ce genre de personnages, j'ai fini par m'y attacher. En effet, elle atteint un score plus qu'honorable au garçomètre: mettre des bouts de verre dans les chaussures, il fallait y penser! 

    Abordons maintenant les sujets qui fâchent. J'ai aimé cette série mais on ne peut passer à côté de ses lacunes. La principale étant selon moi l'aspect dystopique qui est sous-exploité et reste en retrait par rapport à la romance: outre le système de castes, l'histoire aurait pu se passer dans notre monde, à notre époque. Mais surtout, les fondements de cet univers ne sont absolument pas crédibles: les Etats-Unis auraient contracté une dette tellement importante auprès de la Chine que cette dernière aurait tout simplement décidé... de l'envahir.
 C'est bien connu, c'est ce qu'on fait! Au diable, l'arme nucléaire américaine, les accords commerciaux, le coût militaire d'une guerre pour envahir un pays en faillite. Mes yeux ont saigné et j'ai dû manger mes cours de géopolitique. Je comprends que l'auteur ait recherché à ancrer son explication dans le monde contemporain mais là: Epic fail. Heureusement, comme je l'ai dit, l'univers dystopique étant peu présent, cette aberration ne m'a pas empêché d'apprécier ma lecture.  

       Mais je l'avoue, je me suis très vite prise au jeu de cette compétition aux accents de Bachelor édition de la couronne. Pour ceux que l'aspect "téléréalité" rebuterait, ne vous inquiétez pas, il est finalement très peu présent. C'est une trilogie qui apporte fraîcheur et légèreté (sauf la fin), qui se dévore plus qu'elle ne se lit. Les dialogues ne cassent pas trois pattes à un canard et malgré tous les points que j'ai relevé, j'ai éprouvé un plaisir coupable à suivre cette sélection. Roh un peu de superficialité de temps en temps ne fait pas de mal!  

   Et puis, j'ai trouvé la fin  explosive! Une vraie apothéose pour la saga quoique peut-être un peu abrupte, j'aurais voulu en savoir plus! 
C'est donc une très belle découverte, quoique pas inoubliable. 

Le trailer du Tome 3 que je trouve magnifique:






Ma note: 


lundi 25 mai 2015

Red Queen de Victoria Aveyard


Quatrième de couverture (vf): 
Dans le royaume de Norta, la couleur de votre sang décide du cours de votre existence. Sous l'égide de la famille royale, les Argents, doués de pouvoirs hors du commun, règnent sur les Rouges, simples mortels, qui servent d'esclaves ou de chair à canon. Mare Barrow, une Rouge de dix-sept ans, tente de survivre dans une société qui la traite comme une moins que rien. Quand elle révèle sans le vouloir des pouvoirs extraordinaires et insoupçonnés, sa vie change du tout au tout [...].

J'arrête ici le résumé car, à mon avis, la suite en dévoile trop et pourrait gâcher certains effets de surprise. 



"Anyone can betray anyone."

Pourquoi ce livre ?


A la lecture du résumé, j'ai su qu'il me le fallait: des pouvoirs magiques, des guerres entre royaumes, des intrigues politiques et une jeune adolescente au milieu de tout ça... je ne pouvais ignorer son appel! Lors de son voyage à Londres, ma petite sœur a donc eu la gentillesse de me le rapporter en souvenir. J'avoue avoir une préférence pour la couverture anglaise qui est plus épurée et le contraste marqué entre le blanc et le rouge fait son petit effet.


Ce que j'en ai pensé:


   Voilà un livre qui fait couler beaucoup d'encre en ce moment et divise la blogosphère. Derrière sa couverture attrayante et son résumé prometteur, que cache réellement Red Queen

  
    J'ai beaucoup entendu dire que Red Queen n'était qu'un assemblage de séries young adult déjà
existantes. Je n'aime pas comparer les œuvres car, selon moi, chacune possède sa spécificité, mais je dois admettre que j'ai moi aussi été amenée au début à faire un parallèle avec Hunger Games. La situation initiale de l'héroïne ressemble, en effet, énormément à celle de Katniss: Mare vit dans un quartier pauvre dont les habitants sont soumis à une caste supérieure qui étale sa richesse, la jeune fille se trouve en charge d'approvisionner sa famille plus ou moins légalement avec l'aide de son meilleur ami et elle entretient une relation complice avec sa petite sœur qui possède des talents qu'elle n'a pas. Néanmoins, la ressemble s'arrête là car l'histoire prend dès lors un tour complètement différent. L'univers crée s'en éloigne, bien qu'il ne soit pas non plus d'une originalité folle, on retrouve le schéma classique des monde dystopiques: les castes, le système injuste et la rébellion qui s'organise dans l'ombre. 

   Le roman possède une dimension politique omniprésente que j'ai trouvée particulièrement intéressante. Les guerres de pouvoir entre royaumes et grandes familles (qui possèdent chacune leur couleur et leurs pouvoirs particuliers) lui confère un petit côté soft Game of Throne très prenant: l'auteur ne nous épargne pas et certaines scènes m'ont brisé le cœur. Alors qu'elle dévoile des pouvoirs qu'elle ne devrait pas avoir, Mare se trouve prise au piège dans ces jeux de pouvoirs, simple marionnette entre les mains de la famille royale au nom d'enjeux qui la dépassent. Elle trouve en la personne des deux jeunes princes, Cal et Maven, des alliés inattendus. Je vous laisse deviner l’imbroglio sentimental qui se profile, mais j'ai trouvé que la romance prenait juste ce qu'il fallait de place dans l'histoire, elle n'est pas essentielle et on pourrait très bien s'en passer par la suite.


   J'ai, toutefois, eu du mal à comprendre certains aspects de l'intrigue, notamment les motivations qui ont poussé le roi et la reine à garder Mare en vie, cela me paraissait un peu trop "facile", surtout au vu de la personnalité de la reine qui n'hésite pas à se débarrasser de quiconque se tiendrait sur son chemin. Les tenants et aboutissants de l'histoire me paraissaient donc assez flous et peu crédibles mais la fin explique bien des choses et tout finit par faire sens. Parlons-en du final! J'en avais sûrement entendu trop à son propos pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur car finalement, à force d’échafauder les théories les plus farfelues tout au long de ma lecture, j'ai fini par deviner le fin mot de l'histoire et le final n'a donc pas été une grande surprise. Cela n'enlève rien à sa puissance car si j'en avais entendu moins, j'aurais été complètement prise au dépourvu!




   Paradoxalement, la plus grande force du livre constitue également sa faiblesse: l'ambiance mystérieuse pleine de non-dits et de complots rend difficile l'attachement aux personnages. Je n'ai pas ressenti d'affection particulière, y compris vis-à-vis de l'héroïne, à part peut-être pour Lucas, le garde du corps de Mare, mais il est à peine esquissé. Outre les aversions évidentes comme pour Evangéline, la fiancée de Cal, une sacrée garce, ou pour la reine, image même de la manipulatrice avide de pouvoir, les personnages semblent tous cacher quelque chose. Dans les méandres des intrigues politiques, on en vient à questionner sans cesse leur sincérité, ce qui crée une sorte de distance qui empêche de réellement les cerner. J'ai essayé d'aimer Cal, vraiment, mais comme tous les personnages de ce livre, il semble avoir de multiples personnalités...


   Il est temps pour moi d'achever cette longue chronique! En bref, Red Queen n'est pas le roman young adult le plus original qui soit mais l'univers crée reste très prenant. Ce premier tome est une bonne introduction, une saga que je suivrai avec plaisir en espérant que les personnages se dévoilent un petit peu plus clairement dans les prochains tomes!




  Ma note: 3.75/5